Le grand mensonge de la «prospérité» ou l’illusion de créer de la richesse par l’intervention gouvernementale.

élections 2014 jessie mc nicoll wordpressPhilippe Couillard qui nous promet de créer des emplois, Pauline Marois se vantait de son bilan de création d’emplois du mois de janvier dernier ,et François Legault nous propose d’augmenter l’interventionnisme économique. Bref, les trois principaux partis au Québec, bien qu’ils prétendent être différents, nous offrent un seul et même choix économique, celui de l’interventionnisme.

-Ça garde le taux de chômage bas, je vote pour un gouvernement qui crée de la richesse!

Le gouvernement crée de la richesse… Vraiment?

Près du quart des nouvelles entreprises privées auront disparu au bout de deux ans, et le gouvernement interventionniste voudra «sauver» les emplois menacés. Mais quand il s’immisce dans un secteur, il est bien rare de le voir s’en retirer. Il empêche ainsi la sélection naturelle d’opérer, en maintenant en opération des entreprises non performantes, ou qui ne correspondent pas aux besoins des consommateurs.

Je me permets d’utiliser et d’adapter l’exemple de Youri Chassin sur les cassettes vidéo. Si le gouvernement avait investi dans le bêta, on y retrouverait probablement encore des emplois, malgré le fait que la population a préféré le VHS. Mais nous serions-nous enrichis pour autant?

Choisir entre l’austérité la prospérité.

En temps de guerre, on a pratiquement le plein emploi et un PIB qui monte en flèche, qui font croire à la prospérité. Mais dans les faits, on mène une vie d’austérité au point de parfois en venir à un rationnement alimentaire. Vous me suivez?

Créer un emploi veut dire créer de la richesse ou de la prospérité seulement pour les économistes de l’école keynésienne.  Celle-ci est la seule que nos politiciens, tous partis confondus, reconnaissent, parce qu’elle leur permet d’intervenir dans l’économie pour manipuler les différentes statistiques d’emplois et ainsi faire bonne figure à court terme.

Mais peut-être serez-vous intéressés de savoir qu’il existe aussi une école autrichienne, dont on connaît bien Friedrich Hayek, récipiendaire du prix Nobel d’économie en 1974, justement pour ses travaux s’opposant à Keynes. Or, dans tous les «états-providence», comme le Québec, cet économiste de renom est persona non-grata.

Cette école nous permet de comprendre que si nos ressources sont utilisées à produire de l’artillerie de guerre, par exemple, elles ne sont plus disponibles pour cultiver la terre, bâtir des maisons, etc. et qu’un taux d’emploi et un PIB élevés indiquent une création de richesse seulement lorsqu’il y a correspondance entre les biens produits et ceux que les gens désirent consommer et pour lesquels sont prêts à payer.

Or cette correspondance n’est optimale que dans un libre-marché.

-OK, mais les industries sont assoiffées de profits et sont prêtes à couper des emplois ou déménager hors du pays si elles ne sont pas suffisamment rentables, le gouvernement doit sauver ces emplois!

La perspective de perdre des emplois nous fait toujours frémir. Mais au même titre que personne n’a envie de subir une chimiothérapie, c’est parfois le sacrifice à faire si on veut accéder à un avenir meilleur.

Utilisons une caricature question d’aider à la compréhension. Pour nos politiciens, il suffirait que le gouvernement subventionne les maréchaux-ferrants, avec l’argent de nos impôts, pour permettre à ces travailleurs de protéger leurs acquis. Le gouvernement qui ferait une telle intervention pourrait se vanter, à court terme, d’avoir «sauvé des emplois», chiffres à l’appui.

Mais aurait-il pour autant créé de la richesse?

Du point de vue de l’école keynésienne, oui. Mais croyez-vous que l’argent de vos impôts serait utilisé à bon escient?

L’école autrichienne a un tout autre avis sur la question. Pour elle, il importe de laisser ce secteur s’éteindre si telle est la tendance naturelle. Les maréchaux-ferrants désormais au chômage se recycleront, après un certain temps, dans des secteurs plus en phase avec les besoins de la population.

Du même coup, les gens qui utilisaient jadis leurs services, utiliseront l’argent ainsi économisé (soit en impôt, soit en service non-utilisé) pour se payer un autre bien ou service qu’ils jugeront plus utile, stimulant ainsi la création d’emploi dans de nouveaux secteurs et créant, du coup de la richesse.

C’est ce qui arrive dans un libre-marché.

Frédéric Bastiat, un économiste français précurseur de l’école autrichienne,  décrivait le sophisme de la vitre cassée,  qui explique bien que la richesse n’est pas créée par la vitre cassée, même si celle-ci est bonne pour les affaires du vitrier, mais bien déplacée vers ce secteur d’activité. L’argent dépensé pour réparer la vitre ne peut être utilisé ailleurs.

-OK, mais s’il est si bon que ça ton Hayek, pourquoi nos politiciens ne s’y réfèrent pas?

Si plusieurs facteurs sur lesquels on n’a aucun contrôle influencent l’économie, l’interventionnisme économique permet généralement aux politiciens de manipuler les statistiques économiques à court terme et ainsi de bien paraître… En vue d’une proche élection, par exemple.

Revenons à l’exemple du bilan d’emploi du mois de janvier 2014.

Je prends cet exemple qui est encore frais à notre mémoire, puisqu’il a servi de tremplin au déclenchement des présentes élections. Mais gardez à l’esprit que tous les politiciens québécois fonctionnent selon cette méthode. Évidemment, le tout dernier bilan économique donne un autre son de cloche, et démontre bien qu’il est impossible de tout contrôler, mais ne contredit pas mon analyse pour autant. D’autant plus que si on en croit Kevin O’Leary, investisseur et juge à Dragon’s Den et Shark Tank,

«Personne n’a envie d’investir chez vous. Il en sera ainsi tant que vous ne changerez pas de gouvernement

Selon le site du parti québécois, «le niveau d’emploi était parmi les meilleurs jamais atteints», ce qui, en soi, était vrai, mais constituait une vérité si partielle qu’elle portait -volontairement- à croire que notre économie va bien.

Alors que dans les faits, on a perdu beaucoup d’emplois à temps plein au privé, et créé beaucoup d’emplois à temps partiel dans le secteur public.

Certains décriront ce bilan comme étant «le pire des deux mondes», étant donné qu’un emploi du secteur public est payé à même nos impôts, et que ces nouveaux fonctionnaires n’ont plus aucune raison de vouloir travailler au privé, à produire des biens ou offrir des services qui correspondent à nos besoins.

Quelqu’un qui est sur le chômage vit à nos crochets sur une base temporaire, le temps de se trouver un nouvel emploi. Un fonctionnaire vivra à nos crochets pour le reste de sa vie, mais selon madame Marois, il faut s’en réjouir.

Alors quand la première ministre du Québec nous donne le choix entre l’austérité et la prospérité, vous êtes maintenant en mesure de mieux comprendre les véritables enjeux.

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