Menace à la propriété privée : Le reclassement d’armes à feu, ça mange quoi en hiver?

Le Canada est un pays où il fait bon vivre. Mais depuis quelque temps, le droit à la propriété privée y est menacé. Récemment, la Gendarmerie royale du Canada a reclassé certaines armes à feu, les rendant prohibées.

 

Ces reclassements ont fait assez peu parler dans les médias traditionnels pour deux raisons. La première raison est que, comme ça ne touche que quelques propriétaires d’armes à feu, et que les armes à feu ont mauvaise presse au Québec, le sujet risque assez peu d’intéresser le grand public, cotes d’écoutes et audience virtuelle obligent. La deuxième raison est que le sujet est complexe à comprendre.

 

Le reclassement d’armes à feu, ça mange quoi en hiver?

 

Pour aider à la compréhension, je vais transposer l’exemple sur des voitures. Disons que vous vous êtes propriétaire d’une Subary Legacy 2004. Soudain, un fonctionnaire qui en aurait le pouvoir décide que vous devez rendre à la police votre voiture afin qu’elle soit détruite et ce, sans aucune compensation. Inacceptable, non? Surtout que cette voiture a été achetée en toute légalité et que des taxes ont été payées.

 

Les motifs évoqués? Ce modèle de voiture pourrait trop facilement être modifié et une telle modification ferait en sorte que le moteur soit trop puissant pour nos routes, compromettant ainsi la sécurité publique. Aucun cas d’une telle modification n’aurait été recensé, et aucune preuve n’est fournie par ledit fonctionnaire pour appuyer ses dires. Aucun incident particulier en lien avec ce modèle, mais c’est décrété, et si vous ne vous y soumettez pas, vous risquez trois ans de prison. Scandaleux, non?

 

Et devant la protestation de quelques citoyens concernés, le gouvernement a offert une amnistie de deux ans aux propriétaires concernés. Ce qui signifie en clair que pour les deux prochaines années, vous ne serez pas traités en criminels même si vous ne vous soumettez pas au décret. Mais celui-ci reste valide, et dans deux ans, après les prochaines élections, le tout sera mis en application.

 

Et bien c’est exactement ce qui s’est passé, sauf qu’il ne s’agit pas de voitures, mais d’armes à feu.

 

On exige que ces armes soient rendues, sans aucune compensation, pour être détruites. Si la preuve était faite que notre pays soit plus sécuritaire si ces armes n’étaient plus en circulation, alors il y aurait des façons de procéder qui respectent notre droit à la propriété privée. Par exemple, en rachetant les armes à leurs propriétaires à la valeur marchande ou leur offrir un «droit acquis», leur donnant la possibilité d’acquérir la classe «prohibée». Mais rien de tel n’a été proposé. Juste une amnistie de deux ans. Une épée de Damoclès qui leur pend au-dessus de la tête.

 

Une saisie de bien sans compensation par le gouvernement ne vous inquiète-t-elle pas? Bof! Il ne s’agit que d’armes à feu, n’est-ce pas?

 

Bien sûr que non. Il s’agit d’un précédent créé. Une atteinte au droit de propriété privée, passée en douce. Une jurisprudence, qui marque un début, mais si rien n’est fait pour la contrer, personne n’en connaît la fin.

 

Alors, allez-vous protester contre cette ignominie?

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Voici un exemple de courriel que vous pouvez faire parvenir à l’Honorable Steven Blaney, ministre fédéral de la Sécurité publique et de la Protection civile : blanes1b@parl.gc.ca

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Honorable monsieur Blaney,

C’est avec effroi que j’ai pris connaissance du dernier décret de la GRC sur la reclassification de certaines armes à feu. Ces armes devenant prohibées, d’honnêtes citoyens risquent ainsi de devenir des «criminels» potentiels, pour une simple question de papier, si jamais ils choisissaient de garder leur bien légalement acquis.

Le Canada est un pays où il fait bon vivre, mais ne frémissez-vous pas à l’idée que vos biens achetés en toute légalité puissent, du jour au lendemain, de façon arbitraire, être saisis sans compensation? N’est-ce pas là la définition même d’un vol?

Pour votre information, je ne possède pas ce type d’arme, et n’avais pas l’intention d’en acheter non plus. Mais j’attends de mon gouvernement et de mon premier ministre qu’ils protègent mon droit, comme celui de tous les Canadiens, à la propriété privée.

Ce décret de la GRC est digne d’un état policier, et un amnistie de deux ans est non seulement insuffisante, mais carrément inconvenante. Une amnistie est quelque chose qu’on accorde à un criminel, et pas à un honnête citoyen.Tant que la GRC conserve un tel pouvoir, nous sommes à leur merci.

Par ailleurs, nous savons que le mandat actuel du parti conservateur arrive bientôt à échéance. Je trouverais déplorable que nous devions aller en élection sans qu’une solution de fond ne soit trouvée sur cette question.

C’est pourquoi je vous demande de prendre action sur ce dossier et de stopper la décision de la GRC. Ce n’est pas la première fois qu’ils confisquent des armes à feu à d’honnêtes citoyens, mais j’attends du gouvernement conservateur qu’il fasse en sorte que ce soit la dernière.

Sincères salutations,

 

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Une réflexion sur “Menace à la propriété privée : Le reclassement d’armes à feu, ça mange quoi en hiver?

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