Et si la vie d’un homme avait la même valeur que celle d’une femme?

doctor talking to her male patient at office

19 novembre, Journée internationale des hommes… Une journée pour porter plus d’attention aux 835 hommes qui se sont suicidés qu’aux 15 femmes qui ont été tuées par leur conjoint. Ouais bon, un chiffre 55 fois plus élevé, à première vue…

«Comparer des suicides et des meurtres, quelle démagogie! Les suicidés ont choisi leur sort!»

Le suicide est la neuvième plus importante cause de décès au Canada. Et les hommes se suicidant trois fois plus que les femmes, les lésions auto-infligées arrivent au septième rang des causes de décès chez les hommes, alors qu’elles ne figurent pas au «top 10» chez les femmes (treizième rang).

«Ouais, bon, le problème est répandu, mais tu n’as pas répondu à la question du choix!»

Dans un documentaire intitulé L’homme, une espèce en voie d’extinction présenté à V télé en mai dernier, on apprenait qu’entre 50 et 70% des hommes qui se suicident ont consulté un médecin pour des douleurs physiques dans les mois précédant leur mort. Évidemment, ces symptômes pointent dans la direction d’une dépression. Parce que chez les hommes, la dépression prend rarement la forme de la tristesse et des larmes, mais plus souvent celle de l’irritabilité et des douleurs physiques dont on ne trouve pas l’origine.

On sait donc que plus de la moitié des 843 hommes ayant consulté cherchaient activement une solution à leur souffrance, soit environ 500. Peut-on parler de choix quand ces hommes souffrent et qu’ils cherchent, en vain, de l’aide?

Au Canada, même si les idées de tuer sont très répandues chez les hommes suicidaires, les homicides-suicides représentent 1% des suicides. Ce chiffre varie très peu dans le temps. On estime que de 19 à 26% des hommes vont se suicider après avoir tué leur conjointe. L’autopsie psychologique effectuée suite à de tels drames survenus au Québec révèle que les deux tiers des hommes qui ont commis l’irréparable souffraient de troubles mentaux, dont le plus courant était la dépression, 46% d’entre eux en étant affectés.

Cinq femmes ont été tuées à l’aide d’une arme à feu au Québec en 2009. Pour l’exercice, présumons que ces cinq femmes ont été tuées par leur conjoint, considérant qu’au Canada, une arme à feu est utilisée dans près du quart des homicides conjugaux où la victime est une femme. C’est d’ailleurs un argument qu’on nous sert pour justifier plus de contrôle en matière d’armes à feu.

«Oui, mais là, le nombre d’homicides conjugaux a baissé parce que les services sociaux offerts aux femmes ont atteint leur objectif et là, tu utilises ces chiffres pour démontrer que c’est rare!»

Justement, parlons-en des services sociaux. En 2009, on apprenait dans la revue «L’actualité médicale» que le financement des organismes communautaires venant en aide aux femmes atteignait plus de 80 millions de dollars, alors que pour ceux venant en aide aux hommes, il était en deçà de 8 millions. Si on sait que ça fonctionne, pourquoi n’aide-t-on pas plus les hommes?

«Ben là! On a des organismes de prévention du suicide, ils n’ont qu’à les utiliser!»

Ces organismes font de l’excellent travail pour ce qui est du support aux familles endeuillées, mais disons que le travail de prévention ne semble pas porter beaucoup fruit… Le suicide n’est pas le «problème» il est la «solution» aux yeux de ceux qui y ont recours. Les problèmes surviennent bien avant, et c’est justement en amont qu’il faut aller travailler.

«Je veux bien, mais en cette période de coupures budgétaires, où tu vas trouver cet argent pour financer l’aide aux hommes?»

Québec tente, à grands frais, de récupérer les données du registre des armes d’épaule qui n’a jamais démontré une quelconque efficacité. Pourquoi ne pas utiliser cet argent pour financer l’aide aux hommes?

N’allez surtout pas croire que cette analyse vise à déculpabiliser les hommes qui tuent leur conjointe. Mon propos est simplement à l’effet que si on pouvait empêcher les hommes qui cherchent de l’aide d’atteindre un niveau critique de désespoir, le potentiel de tueur en eux ne se manifesterait probablement jamais.

Et si la vie d’un homme avait la même valeur que celle d’une femme?
Et si au lieu de financer un inutile registre des armes d’épaule, on finançait mieux l’aide ciblée aux hommes?
Et si les médecins étaient plus sensibilisés à la réalité de la dépression chez les hommes?
Et si on dirigeait les hommes en dépression vers un service d’aide qui soit spécialisé dans l’aide aux hommes?
Et si pour sauver 5 femmes victimes d’homicides, il nous suffisait de sauver du suicide les 500 hommes qui ont cherché de l’aide en vain?

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Une réflexion sur “Et si la vie d’un homme avait la même valeur que celle d’une femme?

  1. Et si tu avais raison??
    Et si les autorités devenaient avant tout ceux qui écoutent, avant de se présenter comme les porte-paroles de d ceux qu’ils se refusent d’écouter!!!
    🙂

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