Ce que j’ai finalement dit au comité sénatorial.

Bonjour,

Je m’appelle Jessie Mc Nicoll, je vis au Québec je suis propriétaire d’arme à feu, mon amoureux est un passionné d’armes à feu et est impliqué dans le conseil d’administration et comme officiel de tir au club de tir de la base militaire de Valcartier. J’ai grandi en campagne, dans une maison où il y a toujours eu des armes à feu. Dès l’âge de 10 ans, je pratiquais le tir à l’occasion avec mon père.

Au Québec, une femme qui comprend le plaisir associé aux armes à feu n’a pas le droit de citée. Le seul discours qui prévaut, c’est celui d’un plus grand contrôle, sans égard à l’efficacité des mesures, ni à ses effets secondaires indésirables.

Ma mère possède des armes à feu qu’elle n’utilise plus depuis de nombreuses années, et qu’elle garde pour une question sentimentale, dans l’espoir qu’elles restent dans la famille… et donc que j’en prenne possession.

Pour l’instant, je possède seulement une carabine .22, même si j’ai mon permis pour posséder des armes restreintes, parce que le Québec ne respecte pas la juridiction fédérale en matière d’armes à feu. Après la tuerie qui a eu lieu au collège Dawson, ils ont utilisé le ministère des sports et loisirs pour légiférer malgré tout en matière d’armes à feu.

La loi 9 nous impose d’être membre d’un club de tir, et de tirer au moins une fois par année avec chacune des armes restreintes, de façon à ce que le numéro de série soit enregistré au club de tir pour prouver que chaque arme est utilisée. Si on est plus d’une année sans être «actif» avec des armes restreintes, on doit retourner suivre le cours de loi 9, puisque celle-ci est tombée invalide, ce qui est mon cas présentement.

Beaucoup de gens conservent des armes qui ne sont plus en état d’être utilisées, pour la valeur sentimentale. Or, ils doivent être membre d’un club de tir, se rendre une fois par année au club avec la dite arme inopérante, faire semblant de tirer, pour pouvoir l’inscrire au registre et ainsi avoir le droit de la conserver.

Par ailleurs, j’ai suivi ma formation Black badge/IPSC, seulement pour le plaisir et pour apprendre de meilleures techniques de tir. La compétition ne m’intéresse pas.

Mais le cours qui m’intéressait le plus, celui qui a fait en sorte que je demande mon PPA, c’est le cours de CAPS training. C’est une formation en tir défensif préparatoire au permis de port d’arme. Évidemment qu’un civil ne peut pas porter d’arme, mais on pouvait, jusqu’à tout récemment suivre le même cours que ceux qui le peuvent.

L’instructeur de ce cours est Dave Young. Dave a le droit de donner son cours à des civils partout au Canada, mais n’a plus le droit de le faire au Québec à cause de l’interprétation que le contrôleur des armes à feu fait de la loi. Le fait de rapatrier le contrôle des armes à feu à la GRC rendra invalide la loi 9 et permettra une application plus uniforme de la loi sur les armes à feu.

Par ailleurs, mon amoureux et moi vivons à 150 Km un de l’autre. C’est une autre raison pour laquelle il serait très compliqué pour moi de mettre des armes restreintes à mon nom. Je ne pourrais pas les transporter pour aller tirer à Valcartier comme invitée, puisqu’il serait impossible pour moi d’obtenir un permis de transport, n’étant pas officiellement membre du club. La modification des règles de transport et le retrait du pouvoir discrétionnaire aux provinces vont me permettre de libérer ma mère du fardeau de garder des armes, et de pouvoir accompagner mon amoureux à Valcartier, même avec mes restreintes.

Dans un autre ordre d’idée, le délai de grâce proposé dans ce projet de loi permettra de corriger certaines injustices. Au Québec, on envoie le huissier à la porte au lendemain de l’expiration du PPA et ce même si le retard est attribuable à un accident cardiovasculaire, comme c’est arrivé au docteur Dubord.

Si certains sont inquiets des allégements proposés par ce projet de loi, sachez que le déclin de l’utilisation d’une arme à feu pour commettre un homicide est bien installée depuis la fin des années 1970 et qu’aucune loi n’a eu d’impact sur cette tendance (voir graphique), toutes les mesures d’assouplissement proposées dans le projet de loi c-42 sont nécessairement souhaitables. Elles évitent de criminaliser des citoyens honnêtes, allègent la bureaucratie et sauvent des frais inutiles, le tout sans compromettre la sécurité des citoyens.

tableau homicide vs lois

Le resserrement qui m’apparaît le plus intéressant est celui qui qui concerne la possibilité d’interdiction à vie de posséder une arme à feu aux personnes connues pour leur comportement violent, et plus spécifiquement en matière de violence conjugale.

Entre 1991 et 2000, 58 % des homicides entre conjoints comportaient des antécédents rapportés de violence familiale entre l’auteur et la victime du crime.

Le fait de donner des dents à la loi dans ces cas particuliers est une mesure qui répond à la demande du Nouveau-Brunswick, où 37,5 % des victimes d’homicide conjugal sont commis à l’aide d’une arme à feu. C’est une mesure qui tombe sous le sens et qui mérite d’être essayée.

Publicités

4 réflexions sur “Ce que j’ai finalement dit au comité sénatorial.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s