Courage, Alice!

alice

Il y a plus ou moins 20 ans, je sortais au «Louisiane» tous les samedis avec ma chum… appelons-là Annie. Nom fictif, récit réel. «DJ Daniel Desnoyers» nous mettait de la bonne musique quand on la lui demandait. Nous étions ses «amateuses de rock». On alternait, chacune son tour à être «chauffeuse désignée».

Annie avait une passion pour New York. Quand je dis passion, je veux dire qu’elle remplissait chaque silence avec son récit de «la» fois où elle y était allée, ou alors de la prochaine fois où elle irait.

New York, New York…

Alors quand ce beau grand jeune homme, qu’on n’avait jamais vu au Louisiane, s’est pointé en parlant anglais et prétextant être de New York, j’ai vu instantanément les genoux d’Annie «pogner un p’tit mou».

De mon côté, si je parle anglais avec un accent québèkwà à faire saigner n’importe qui des oreilles, j’ai étrangement l’oreille fine pour déceler n’importe quel accent, même s’il est mille fois plus discret que le mien.

«Annie, il est aussi Québécois que toi et moi», que je lui disais. Mais c’est comme si elle n’entendait rien… Le type l’invite à aller prendre un verre à l’appartement que son ami lui a prêté, elle dit oui et me regarde, l’air de dire «viens donc faire un tour avec moi», ce que j’ai fait.

Rendu sur place, c’était surréaliste. Pas de meubles digne de ce nom, les armoires étaient vides… Je veux dire, un appart de gars, ça peut être minimaliste, mais pas de télé, ni de siège pour l’écouter, je n’avais jamais vu ça.

«Annie, il n’y a personne qui vit ici…», que je lui disais. Mais c’est comme si elle n’entendait rien.

Alors on prend un verre, le temps passe. Je signifie à Annie mon intention de quitter, mais je ne le sentais pas ce type. Elle me dit que c’est correct, qu’elle va rester. Rien à faire, elle était envoûtée par son rêve new-yorkais.

De l’autre côté du miroir…

Le lendemain, elle me téléphone. «Tu vas me dire que tu m’avais avertie», qu’elle me lance sans dire bonjour. Je lui demande comment ça va. «Moyen» qu’elle me répond. «J’arrive.»

Je trouve Annie en robe de chambre, la mine défaite. Une larme cherche à couler, mais aucune chance qu’elle ne permette ça. «Je lui ai fait mettre un condom et il l’a enlevé. » Je lui demande si, à part ça, ça va. Elle se tourne dos à moi et baisse sa robe de chambre jusqu’aux fesses.

Elle était couverte d’égratignures, de bleus et de morsures. Couverte, je vous dis. On n’a pas beaucoup parlé ce jour là. Mais je lui ai tenu compagnie.

Quand elle est restée à cet appartement, avec ce type, elle était consentante pour avoir une relation sexuelle avec lui. Une relation sexuelle. Peut-être même 2 ou 3 relations sexuelles. Voire baiser comme des bêtes toute la nuit. Avec un condom. Et sans blessures.

Cette nuit là, Annie a été violée. Elle n’a jamais prononcé ce mot. C’est moi qui le fais.

Elle se sentait honteuse et coupable. Elle n’a pas voulu aller voir un médecin. Aucune chance qu’elle aille voir la police, elle se trouvait beaucoup trop «épaisse».

Imprudente, vous dites? Oui, bien sûr. On prendra plaisir à le souligner, parce qu’une femme qui a envie de s’envoyer en l’air avec un inconnu, il faut nécessairement qu’on lui affuble une étiquette désobligeante. Encore aujourd’hui, le plaisir sexuel au féminin, ça dérange. Alors si elle se fait agresser dans sa recherche de plaisir, elle l’aura bien cherché, non?

Désenchantée…

Quand j’entends le récit d’Alice Paquet, je repense à Annie, et je me dis qu’elle a bien fait de ne pas aller à la police.

Alice a eu besoin de points de suture suite à son agression. Des points de suture, ça laisse des traces dans un dossier médical. Une preuve «matérielle» dans une agression sexuelle, c’est rare. Et malgré ça, on aurait tenté de la décourager de porter plainte.

À tout le moins, la police confirme qu’elle a reçu une plainte, et qu’aucune suite n’a été donnée, sous prétexte qu’«on avait perdu la trace» de la jeune plaignante.

J’ai la nausée…

Il y aura toujours des violeurs, des violents, des salauds de la pire espèce. Il y aura également toujours des gens comme Carole Thomas, qui fabriquent de toutes pièces de fausses accusations. Mais je ne peux pas accepter qu’en 2016, la police ne prenne même pas la peine d’enquêter une allégation aussi grave. Vrai ou pas, on le déterminera AVEC L’ENQUÊTE!!!

Et j’espère qu’il y aura une enquête indépendante pour expliquer qu’il n’y ait pas eu d’enquête suite à cette plainte.

Parce qu’il paraît que leur travail, c’est de protéger et servir…

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s