Est-ce que les lesbiennes ont des couilles?

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Ça y est, vous êtes choqués. Je sais, j’ai l’habitude. Que voulez-vous, sans un titre-choc, personne ne lit, ou presque.

 

Cette question m’a frappée de plein fouet lors d’une discussion avec mon chum. Je suis une passionnée de politique et à mes yeux, les élu(e)s sont des acteurs-clés de nos vies. Je lui parlais d’une entrevue que j’ai entendu la semaine dernière avec Manon Massé, députée de Québec-solidaire, bien connue pour avoir refusé de… s’épiler la moustache! Oui, en plein elle. Elle avait accordé cette entrevue à Denis Gravel, animateur l’après-midi à CHOI radio X, trop souvent désignée comme étant une «radio-poubelle».

 

Madame Massé y défendait avec beaucoup d’aplomb sa perception de la soi-disant culture du viol. Nul besoin de vous rappeler à quel point je suis en désaccord pratiquement mur-à-mur avec cette dame. De toute façon, là n’est pas mon point. Mon point est que madame Massé est allée défendre ses idées de gauche radicale à une des stations de radios les plus à droite du Québec. Et ce n’était pas la première fois. Je l’ai entendue à quelques reprises à l’émission de Dominic Maurais.

 

Cette femme a un aplomb tel que les personnes qui la reçoivent en entrevue, et qui sont pour elle des «ennemis naturels», cachent bien mal le plaisir qu’ils ont à la challenger. Ça donne des grands moments de radio, je vous assure.

 

Et en jasant avec mon chum de cette entrevue un peu surréaliste, je cherchais. Cette femme, qui est également mon ennemie naturelle, suscite en moi l’admiration. Je cherchais d’autres politiciens qui ont assez de cran pour aller se battre en terrain ennemi… Tous ces «kid kodack» cherchent désespérément les occasions d’avoir des entrevues complaisantes, mais ils fuient tout autant les réelles confrontations.

 

Dans notre recherche de politiciens combatifs, trois autres noms sont ressortis. Gaétan Barette, Bernard Drainville (même s’il a quitté la vie politique) et Agnès Maltais. On cherche, on cherche, mais on ne trouve personne d’autre qui a le culot de défendre son point de vue en terre ennemie. Alors spontanément, je dis que deux femmes ont cette qualité, contre deux homme. Or les femmes sont franchement moins nombreuses à l’Assemblée nationale!

 

Et c’est le moment où je réalise que ces deux femmes sont ouvertement lesbiennes…

 

Soit la foudre est tombée deux fois à la même place, soit il y a un lien entre ces caractéristiques. Mon hypothèse? Une femme qui veut porter la moustache ou simplement vivre ouvertement son homosexualité a nécessairement dû affronter une très grande adversité dans sa vie. On a beau aimer se penser évolués et ouverts, ça reste que les préjugés et les commentaires désobligeants fusent de la part d’une petite frange d’irréductibles connards. Et quiconque subit des préjugés en est affecté, à moins qu’il ne développe des stratégies pour s’affirmer malgré cette adversité.

 

Est-il possible que les filles du Québec soit tellement élevées à l’abri, dans le monde princesse aseptisé qu’on leur fait miroiter, qu’on les empêche d’acquérir des a stratégies d’adaptation dans l’adversité? Est-il possible que les difficultés rencontrées par les femmes qui vivent ouvertement leur homosexualité les prépare mieux à être combatives, affirmatives et égales aux hommes?

 

Je n’ai pas la réponse. Mais je trouve que la question mérite d’être posée. En attendant, hommes ou femmes, homo ou hétéro, je souhaite qu’on ait plus de gens de cette trempe en politique.

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