La revanche de la «victimite» : elle réussit mieux que nous, crucifions-la!

anne-france-goldwater

La célèbre avocate de 56 ans connue pour avoir défendu Lola dans le procès en séparation d’un richissime homme d’affaires et pour être «l’arbitre» dans l’émission de télévision. Elle a également pris position dans le dossier des pitbulls et songe à se présenter à la mairie de Montréal.

Cette femme très colorée a déclaré récemment à l’émission Tout le monde en parle plusieurs phrases-choc dont «j’aimerais essayer ce petit morceau-là », «les garçons, on leur enlève les couches à 30 ans», «les hommes sont des agresseurs» et «les hommes sont utiles pour quelque chose, mais pas nécessairement grand chose».

Selon les plaignants, Me Goldwater «a tenu des propos qui, s’ils avaient été dits par un homme au sujet des femmes, auraient été condamnés publiquement par tous les grands médias. Celui qui les aurait dits aurait vu sa carrière finie, sa réputation salie à jamais.»

Sur ce point, je suis forcée de leur donner raison. Plusieurs de ses propos étaient ouvertement misandres. C’est vrai. Et un homme qui aurait dit l’équivalent en parlant des femmes aurait été crucifié. C’est vrai.

Est-ce pourtant une raison de lever une plainte contre elle? C’est là où j’ai un malaise. Est-ce qu’on a le droit comme société de se poser la question à savoir si on est allés trop loin? Est-ce qu’on souhaite vraiment que les gens soient jugés sur leurs paroles? On ne pourrait pas se contenter d’offrir un contre-argumentaire?

Les soutanes d’hier, le discours politiquement correct d’aujourd’hui.

Autrefois, l’Église nous dictait ce qui était acceptable ou pas. Quiconque osait remettre en question ses diktats ou ses représentants était considéré comme un hérétique. Elle est si loin que ça, l’époque où la soutane donnait accès au bon Dieu sans confession?

La soutane a été troquée pour le discours édulcoré du politiquement correct. On ne regarde pas tant ce que tu fais, on te juge sur ce que tu dis, et sur les mots que tu choisis. Tu utilises encore le mot «aveugle»? Quel sale type tu es! Tu n’as pas honte de discriminer ainsi les personnes souffrant d’une déficience visuelle!

Ce qui m’enrage de cette tendance, c’est que des gens disent des horreurs tout en respectant le code, et c’est correct. On peut affirmer qu’on vit dans une culture du viol. Traiter de «négationnistes» toute personne qui remet cette affirmation en question. Mais le citoyen ordinaire, plein de bon sens mais pas nécessairement doué pour jongler avec le vocabulaire aseptisé, se retrouve muselé, au risque de se faire accuser de tous les maux.

Oui, mais l’avocate était ouvertement misandre! On ne peut pas la comparer à ce citoyen maladroit.

On ne peut pas comparer, je suis d’accord. Elle savait forcément ce qu’elle faisait. Je crois néanmoins que l’exemple du citoyen «ordinaire» en vaut le coup, avant d’en arriver aux groupes féministes.

Quelqu’un croit que le suicide et le décrochage sont de graves problèmes au Québec? Essayez d’écrire un article sur le sujet. Juste pour voir! Les féministes débarqueront sur votre article comme s’il s’agissait d’une croisade virtuelle. On vous accusera de tous les maux, on prétendra que vous êtes masculiniste, on m’a déjà accusée d’être une «femme brune», en référence aux chemises brunes. Même pas une blague!

Selon ces dames, le problème de décrochage scolaire est une invention machiste pour rétablir l’enseignement séparé aux garçons et aux filles, et ainsi s’assurer que les garçons aient accès à de meilleures écoles que les filles. Ouep!

Pour le suicide? On vous répondra que ce sont des conneries, parce que les femmes essaient trois ou quatre fois plus de se suicider que les hommes, ce qui signifie à leurs yeux que les femmes sont plus en détresse que les hommes. Ceci étant dit, c’est vrai que les femmes «essaient» de trois à quatre fois plus que les hommes de se suicider. Mais les hommes «réussissent» de trois à quatre fois plus leur suicide que les femmes.

Tout le monde est malheureux, tam ti de la dé te li…

Par contre, quand on fait le tour des études sur le sujet du suicide, on se rend compte que la meilleure façon de prédire si une personne qui a fait une tentative de suicide complétera son suicide ultérieurement, c’est le choix de la méthode utilisée pour faire la tentative. Par exemple, si la personne a tenté de se pendre, méthode extrêmement redoutable, il est très probable que cette personne tente à nouveau de se suicider tout en corrigeant les «erreurs» qui ont fait échouer cette première tentative.

Par contre, une personne qui a pris des médicaments, méthode qui mène très rarement à un décès, cette personne a de très fortes chances de ne jamais compléter son suicide. Ceci porte donc à croire qu’une personne qui «réussit» son suicide et une personne qui fait une tentative de suicide «ratée» n’ont pas la même détermination à mourir, voire pas la même intention. Mais n’allez pas dire ça aux féministes.

C’est bien beau tout ça, mais c’est quoi le rapport avec l’avocate misandre?

Le rapport, c’est qu’on n’a pas le droit de critiquer des mouvements féministes qui cachent à peine leur volonté de rendre analphabètes les prochaines générations d’hommes et de les laisser se suicider en banalisant leur détresse, mais que quand une avocate dit tout haut, de façon colorée, des paroles qui reflètent vaguement cette idéologie anti-hommes, au lieu de juste répliquer en contre-argumentant, on cherche à nuire à sa carrière.

Qu’est-ce que cette femme a de si différent des groupes féministes? À part qu’elle réussit drôlement bien dans la vie et ne se positionne pas en victime? Et qu’on a besoin de lyncher quelqu’un pour quelques paroles, après tout ce mépris institutionnalisé contre lequel on ne peut rien dire?

Parce que jamais on n’oserait porter plainte contre une femme qui se pose en victime. Et ça, les groupes féministes le savent.

Suis-je en droit d’admirer Anne-France Goldwater pour sa réussite, sa couleur personnelle, son chien ( pitbull ou pas) malgré que je trouve ses propos misandres déplorables?

Suis-je en droit de rêver d’une société qui considérera que «talk is cheap»?

Suis-je en droit de rêver d’une société où on aura le droit à nos écarts de langages, et où on sera jugé pour nos actions?

 

P.S.: Si ça vous dit  d’écouter ma chronique d’hier à l’émission du retour avec Évans Bergeron sur les ondes du 101,5 FM, cliquez sur le lien suivant: https://www.youtube.com/watch?v=j3BCv3JZqco&feature=youtu.be

 

 

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