Avortement: Les femmes subissent de la pression ou pas?

femme grossesse avortement

J’ai vu récemment passer dans mon fil d’actualité Facebook des prétentions à l’effet que les femmes subissaient de fortes pression de la part du personnel en clinique d’avortement, afin que celles-ci se fassent avorter. On prétendait que dans le processus d’accompagnement transparaissait un préjugé en faveur de l’avortement, au point que les femmes étaient mal informées quant aux risques liés à un avortement.

Alors dans un premier temps, je vais traiter de la question des risques liés à l’avortement, et dans un second temps, je vous ferai le compte-rendu des témoignages que j’ai reçus.

Les militants anti-avortement brandissent toutes sortes d’arguments, dont les conséquences sur la santé du subir un avortement. Les femmes devraient être informées quant à ces risques, question de vraiment faire un choix éclairé, plaide-t-on. Or on sait que les risques sont très élevés lorsque les avortements se font clandestinement. Mais qu’en est-il dans les cliniques et hôpitaux?

Selon une publication de la faculté de médecine d’Ottawa, ‘’on situe le risque de mortalité suite à un avortement aux États-Unis à 1 sur 160,000 environ – inférieur au risque d’une naissance . ‘’

Cet argument, apporté par les  »pro-vie », ne plaide donc pas en faveur de mener la grossesse à terme. Bien que je ne crois pas qu’un risque aussi faible influence la décision d’une femme dans un sens ou dans l’autre. Quand on envisage l’avortement, c’est que le contexte nous y pousse.

J’ai récemment lancé un appel sur mon Facebook concernant des femmes qui ont vécu un avortement. Quatorze femmes ont témoigné, dont une qui ne s’est PAS faite avorter. Donc, treize femmes ayant subi au moins un avortement, et une qui a PRESQUE subi un avortement CONTRE SON GRÉ.

Elle ne VOULAIT PAS se faire avorter et elle a dû déployer des moyens extraordinaires ( c’est peu dire! ) pour ne pas que ça se produise. La pression ne venait pas du milieu médical, mais de sa famille. Qui plus est, elle était adulte au moment de la grossesse.

Malheureusement, ça semble assez courant que le géniteur ou la famille de la femme fasse pression sur elle afin qu’elle se fasse avorter. Trois femmes en ont fait mention d’emblée, alors que je n’ai pas posé la question.

Trois des femmes qui ont témoigné se sont faites avorter à deux reprises chacune, dont deux à plus ou moins vingt ans d’intervalle. Aucune femme ne m’a confié avoir subi plus de deux avortements.

Chaque récit a ses particularités, ses raisons et dans aucun cas ça ne m’a semblé futile ou fait à la légère. La femme qui subit un avortement, c’est madame-tout-le-monde. Six des treize femmes qui ont subi un avortement ont mentionné spontanément ( je n’ai pas posé la question ) à quel point le choix avait été déchirant. Mais malgré le déchirement, AUCUNE d’entre elles n’a dit regretter sa décision.

Parmi les raisons évoquées spontanément : trop jeune, problèmes de drogue, pas de support possible du père, père et ou famille du père qui a signifié son intention de s’approprier l’enfant à naître, famille complétée et presque finie d’élever.

Sur 13 femmes qui ont subi un total de seize avortements, une seule ( et c’est une de trop, j’en conviens ) a senti au moment de l’avortement qu’elle ne pouvait plus reculer. C’est une femme qui avait déjà subi un avortement auparavant et pour qui ça s’était passé dans le respect. Mais cette fois, elle a senti qu’elle était traitée comme du bétail qui retardait la chaîne de production avec ses hésitations. Elle a qualifié l’expérience, à raison, de traumatisante.

Ça remonte à plus de 10 ans. Mais si une femme vit un tel traitement lors d’un avortement, je l’invite à porter une plainte officielle. Tout le personnel impliqué dans le processus d’avortement, travailleuse sociale, infirmière, médecin, relève d’un ordre professionnel et doit se conformer à un standard de qualité. 

L’avortement, c’est comme une relation sexuelle : le consentement peut être retiré à n’importe quel moment. L’idée d’être pro-choix, c’est justement d’avoir le choix.

Certaines cliniques gèrent leurs rendez-vous en fonction du taux de désistement. LA MAJORITÉ des femmes qui prennent rendez-vous pour un avortement changent d’idée dans la semaine qui précède, voire le matin même, à la clinique. Certaines femmes ont été témoin de désistement à la clinique, lorsqu’elles attendaient pour se faire avorter, et le respect de la décision semble avoir été total.

Aussi rare cela soit-il que le personnel soit irrespectueux, c’est n’est pas acceptable pour autant.

Une autre femme a senti pour sa part de la pression pour NE PAS qu’elle se fasse avorter. Un processus d’accompagnement perçu comme trop long et répétitif, avec des phrases perçues comme culpabilisantes, telles que : ‘’ Tu es certaine que tu veux te faire avorter? Il y a tellement de femmes qui rêvent d’avoir un bébé et n’y arrivent pas…’’

En résumé, onze des treize femmes qui ont subi un avortement se sont senties respectées dans le processus, avec un accompagnement perçu comme approprié pour s’assurer qu’elles ne choisissent pas l’avortement pour de mauvaises raisons, ex : le manque d’argent.

En conclusion, une femme a senti de la pression de la part du personnel pour ne pas reculer, une autre en a senti pour reculer, mais quatorze des seize avortements se sont passés dans le respect de la décision de le femme et avec un accompagnement et des informations suffisantes.

Il y a effectivement de la pression exercée en faveur de l’avortement, mais cette pression vient généralement du géniteur ou de la famille de la femme enceinte, et non pas du personnel qui a le mandat d’accompagner les femmes dans le processus.

 

 

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